Les écoles de Montréal
Édition du VENDREDI 18 MAI 2001
Revue
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Éditorial

 

Encore des congés !

Paule des Rivières
LE DEVOIR
Vendredi 18 mai 2001, page A8

 

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) vient d'accorder deux journées pédagogiques additionnelles à ses enseignants, faisant passer l'année scolaire des enfants de 182 à 180 jours. La raison de cet absurde changement? La plupart des commissions scolaires ne prévoient que 180 jours de classe, soit le minimum prévu par la loi. En conséquence, ce n'est que justice que de réduire le temps de classe des enseignants montréalais. Pourtant, en d'autres temps, lorsque cela fait son affaire, l'Alliance des professeurs de Montréal n’hésite jamais à invoquer la réalité unique du tissu urbain montréalais pour réclamer plus d'argent, plus d'enseignants, plus de soutien qu'ailleurs. Quant à l'argument voulant qu'il soit plus fructueux pour les enfants d'être en classe 182 jours plutôt que 180, il n'effleure même pas l'esprit des dirigeants syndicaux ou patronaux qui négocient ces ententes.

La direction de la CSDM - sauf sa présidente, Diane De Courcy, qui s'inscrit en faux contre cette aberration - a fait valoir que les enseignants ont besoin de temps pour apprivoiser la réforme des programmes. Il est indéniable que le manque de formation des enseignants peut faire déraper les changements en cours. En revanche, il faut être passablement effronté pour invoquer la réforme en de pareilles circonstances. Faut-il rappeler qu'outre les 18 autres journées pédagogiques déjà à l'horaire, les enseignants quittent leurs élèves à 15h30, voire à 14h30 le vendredi, et qu'en l'occurrence ils disposent quotidiennement d'une plage de temps non négligeable? Faut-il en remettre au moment même où le ministre lui-même - et il a raison - reconnaît que les élèves québécois seraient mieux servis s'ils passaient plus d'heures en classe? Après tout, les petits Québécois passent entre 15 % et 20 % moins de temps en classe que les enfants ontariens. Plus généralement, le Québec est en deçà de la moyenne des pays occidentaux. Dans ce contexte, la décision de la plus grosse commission scolaire de la province d'accroître le nombre de journées pédagogiques envoie un très mauvais message et conduit à s'interroger, d'une part, sur le jugement de certains commissaires et, d'autre part, sur le poids démesuré des conventions collectives sur l'organisation scolaire.


Source: LE DEVOIR
Auteure: Paule des Rivières
Date: Vendredi 18 mai 2001


Une retranscription de Jocelyn Bourbonnais, webmaître

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