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Éditorial
Les
journées Cadotte
Michèle Ouimet
michele.ouimet@lapresse.ca
Mardi
Pendant que le Québec se
casse la tête pour essayer d'augmenter le temps en classe, la Commission
scolaire de Montréal rame à contre-courant. La semaine passée, elle a ajouté
deux journées pédagogiques à son calendrier scolaire.
Cette décision est
absurde. Les journées pédagogiques sont déjà trop nombreuses. Avec cet ajout,
elles passent de 18 à 20. Les petits Québécois ne passent que 180 jours par
année à l'école. Les Japonais, eux, y vont 220 jours par année, les Coréens
222, les Allemands 220 et les Danois 200.
Selon la Loi sur
l'instruction publique, l'année scolaire comprend 200 jours. Là-dessus, au
moins 180 jours doivent se passer en classe. Les 20 jours flottants peuvent
être pris en journées pédagogiques. À chaque commission scolaire d'adopter son
calendrier. Évidemment, aucune école au Québec ne donne 200 jours de classe. La
plupart, poussées dans le dos par les syndicats, se contentent du minimum: 180.
La Commission scolaire de
Montréal (CSDM) faisait bande à part avec ses 182 jours de classe. Mais la
coalition au pouvoir a sauté sur la première occasion pour gonfler le nombre de
journées pédagogiques. La raison: la grande réforme de l'école primaire et
secondaire. Les enseignants sont essoufflés et ils ont besoin de temps pour se
familiariser avec la réforme, affirme le porte-parole de la coalition, Robert
Cadotte.
Mais ces arguments ne
tiennent pas. Oui, les professeurs ont besoin de temps mais pourquoi ne pas
organiser des sessions de formation la fin de semaine ou le soir? Pourquoi ne
pas étirer la journée de travail? Après tout, l'école finit à 15h presque
partout. Il existe déjà 18 journées pédagogiques, les enseignants pourraient en
utiliser une partie pour plancher sur
De plus, sur les deux
nouvelles journées pédagogiques, une demie sera consacrée à l'environnement.
Tous les employés de la commission scolaire seront invités au Centre Molson le
22 avril pour réfléchir sur ce thème. Et c'est pour tenir ce gros happening que
la commission scolaire sacrifie une demi-journée de classe! Le 6 décembre 1999,
la CSDM avait organisé le même genre de spectacle sur le thème de
Les deux nouvelles
journées pédagogiques ne sont là que pour un an, promet M. Cadotte. Après,
elles disparaîtront. La CSDM tiendra-t-elle sa promesse? Il est facile
d'ajouter des journées pédagogiques mais beaucoup plus
difficile d'en enlever sans provoquer un psychodrame syndicalo-patronal.
Ces deux journées
risquent de devenir permanentes. Elles seront inscrites dans l'histoire comme
les journées Cadotte.
Source:
Auteure
Date: Mardi 26 juin
2001
Une retranscription de Jocelyn Bourbonnais, webmaître
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