Les écoles de Montréal
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Éditorial
Les journées Cadotte

 

Michèle Ouimet
michele.ouimet@lapresse.ca
LA PRESSE
Mardi
26 juin 2001, page A15

Pendant que le Québec se casse la tête pour essayer d'augmenter le temps en classe, la Commission scolaire de Montréal rame à contre-courant. La semaine passée, elle a ajouté deux journées pédagogiques à son calendrier scolaire.

Cette décision est absurde. Les journées pédagogiques sont déjà trop nombreuses. Avec cet ajout, elles passent de 18 à 20. Les petits Québécois ne passent que 180 jours par année à l'école. Les Japonais, eux, y vont 220 jours par année, les Coréens 222, les Allemands 220 et les Danois 200.

Selon la Loi sur l'instruction publique, l'année scolaire comprend 200 jours. Là-dessus, au moins 180 jours doivent se passer en classe. Les 20 jours flottants peuvent être pris en journées pédagogiques. À chaque commission scolaire d'adopter son calendrier. Évidemment, aucune école au Québec ne donne 200 jours de classe. La plupart, poussées dans le dos par les syndicats, se contentent du minimum: 180.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) faisait bande à part avec ses 182 jours de classe. Mais la coalition au pouvoir a sauté sur la première occasion pour gonfler le nombre de journées pédagogiques. La raison: la grande réforme de l'école primaire et secondaire. Les enseignants sont essoufflés et ils ont besoin de temps pour se familiariser avec la réforme, affirme le porte-parole de la coalition, Robert Cadotte.

Mais ces arguments ne tiennent pas. Oui, les professeurs ont besoin de temps mais pourquoi ne pas organiser des sessions de formation la fin de semaine ou le soir? Pourquoi ne pas étirer la journée de travail? Après tout, l'école finit à 15h presque partout. Il existe déjà 18 journées pédagogiques, les enseignants pourraient en utiliser une partie pour plancher sur la réforme. Faut-il vraiment gruger le temps de classe?

De plus, sur les deux nouvelles journées pédagogiques, une demie sera consacrée à l'environnement. Tous les employés de la commission scolaire seront invités au Centre Molson le 22 avril pour réfléchir sur ce thème. Et c'est pour tenir ce gros happening que la commission scolaire sacrifie une demi-journée de classe! Le 6 décembre 1999, la CSDM avait organisé le même genre de spectacle sur le thème de la violence. Environ 7000 personnes avaient écouté des conférenciers et des chansons. Pour Robert Cadotte, le succès avait été électrisant. La facture, aussi, avait été électrisante: 155 000 $. Ce n'est pas le rôle d'une commission scolaire d'organiser des rallyes de motivation sur des thèmes accessoires à l'éducation.

Les deux nouvelles journées pédagogiques ne sont là que pour un an, promet M. Cadotte. Après, elles disparaîtront. La CSDM tiendra-t-elle sa promesse? Il est facile d'ajouter des journées pédagogiques mais beaucoup plus difficile d'en enlever sans provoquer un psychodrame syndicalo-patronal.

Ces deux journées risquent de devenir permanentes. Elles seront inscrites dans l'histoire comme les journées Cadotte.


Source: LA PRESSE
Auteure
: Michèle Ouimet

Date: Mardi 26 juin 2001


Une retranscription de Jocelyn Bourbonnais, webmaître

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