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Plus de 2 millions dorment dans les fonds de réussite de la CSDM La présidente du MÉMO en appelle à l’urgence d’agir et à la mobilisation de tous les intervenants pour contrer le décrochage scolaire
Montréal, 29 janvier 2002.
— Depuis quelques semaines, la Commission scolaire de Montréal (CSDM),
par la voix du président de la commission pédagogique, crie à
l’urgence de fonds pour lutter contre le décrochage scolaire et pour
venir en aide aux élèves en difficulté d'adaptation et d'apprentissage
(EDAA). La situation est grave, en effet. Cependant, au-delà de
l’alarme et des déclarations publiques intempestives, la majorité au
pouvoir n'a mis en place aucune mesure pour remédier à cette situation
qui commande pourtant d'agir et maintenant. Il ne suffit pas de crier aux loups... Le Mouvement pour une école moderne et
ouverte (MÉMO), exclu de la commission pédagogique, réitère sa volonté
de travailler concrètement à un plan d’action contre le décrochage
scolaire et exige que la réussite des élèves soit la priorité des
priorités dans cette instance. Il va sans dire qu’une demande de fonds
à Québec doit être écrite et documentée et ce, dans les plus brefs délais.
Mais, la lecture des états financiers de la CSDM nous indique que, après trois ans, 2 millions de dollars accumulés ne sont pas dépensés dans les enveloppes consacrées à la réussite éducative. Éparpillé dans chacune des écoles, le montant paraît minime; mais rassemblé, cet argent peut et doit servir. En attendant l'aide de Québec, nous
pouvons déjà prendre l'initiative d'agir. Dans le système budgétaire décentralisé
de la commission, il appartient aux écoles de disposer de ces surplus, à
moins que le Conseil des commissaires n'en décide autrement en rapatriant
ces fonds. Le MÉMO ne souhaite pas que ces fonds
soient rapatriés unilatéralement à la Commission scolaire. La Coalition
actuellement au pouvoir a bien trop tendance à donner dans le spectacle
lorsqu’il y a des enjeux faciles à médiatiser, Or, les élèves ont un
besoin urgent de cet argent. Plus fondamentalement, nous croyons que
c’est dans chacun des milieux que des solutions réelles sont possibles.
C’est pourquoi, nous lançons un appel à la solidarité. Agir localement et solidairement Nous demandons donc aux écoles de céder
50 % de la somme de 2 059 434 $, qui seront réservés
exclusivement à mettre en place la proposition de suivi des élèves décrocheurs,
proposée par le MÉMO au conseil des commissaires du 29 août (www.memo.qc.ca/conseil/propositions/CC-M-14-290801.htm),
mais déposée par la majorité au pouvoir qui invoquait le manque de
fonds. Par ce geste de collaboration, nous pourrions notamment mettre en
place un programme de suivi des élèves décrocheurs. Recentrer nos actions sur un continuum qui inclut l'école
secondaire De plus, nous demandons aux écoles
secondaires de se regrouper avec les écoles primaires qui leur sont
associées, les écoles-sources, de mettre leurs ressources en commun et décider
ensemble d’actions concrètes à poser avec le 50% du surplus restant,
soit un peu plus d'un million de dollars. Nous savons que chacune des écoles
travaille avec acharnement avec les moyens dont elle dispose isolément.
Nous croyons, cependant, qu'il faut adopter, face à la réussite des élèves,
une approche de continuité, qui fait appel à tout le quartier et à la
communauté élargie, par-delà les difficultés administratives que cela
pose. Nous demandons aussi aux membres de la
table de l’Opération Solidarité de la CSDM d’étendre leur
analyse aux écoles secondaires et de faire des recommandations au conseil
des commissaires relativement à la pauvreté des adolescents et celle de
leur famille, aux difficultés qui en découlent et aux mesures de soutien
à mettre en place. Les chiffres du rapport annuel de la Commission
scolaire de Montréal sont clairs : plus on est pauvre, plus on est
en difficulté et plus on décroche ; la même tendance peut
s’observer au primaire. Il est plus que nécessaire d'identifier les
causes qui entraînent de telles corrélations, de faire les liens qui
s’imposent et d’agir. Une discussion publique, ouverte, sur la réussite et de l'échec
scolaires Finalement, il nous faut sortir du strict
cadre de l'école. Il est en effet incontournable de réfléchir et
d’entamer une recherche-action avec plusieurs partenaires. Pour notre
part, nous organisons samedi 2 février 2002 une très importante
discussion publique pour nous aider à bâtir une meilleure école
secondaire. Manifestement notre modèle actuel d’école secondaire réussit
avec 50% des élèves. Conservons-le, mais adaptons nous pour l’autre
50% que nous perdons sans même savoir où ils sont. Tous ceux et celles
qui veulent réfléchir avec nous sont les bienvenus. Ils peuvent obtenir
toutes les informations sur les tenants et aboutissants de notre
initiative en consultant notre site Internet (www.memo.qc.ca) ou en communiquant avec
le secrétariat des commissaires MÉMO (514-596-7541). Abandonner la gestion-spectacle Toutes ces propositions et d’autres
seront soumises à un prochain conseil des commissaires. Il est à
souhaiter que la coalition Pallascio-Cadotte sache entendre autre chose
que son propre écho et abandonne la gestion-spectacle. Bien que ses
propositions soient systématiquement battues — ou déposées lorsqu'il
est trop gênant de faire autrement — le MÉMO ne désespère pas de
forcer la Coalition à se comporter de façon responsable. Parallèlement,
les propositions soumises par le MÉMO font leur chemin et suscitent de
plus en plus d'adhésion, essentiellement parce qu'elles sont porteuses
des préoccupations du milieu. Douze personnes ne pourront pas toujours
constituer un frein aux changements requis. –
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