COMMUNIQUÉ
Pour diffusion immédiate

 

Être redevable et responsable
envers les jeunes qui décrochent

 

Montréal, 28 août 2001. - " L'école c'est secondaire. L'expression est, on s'en souvient, de Sol. À sa manière, l'humoriste-poète nous rappelait à nos devoirs, suggérant que lorsque l'école passe au second plan des préoccupations des adultes, c'est la motivation des jeunes qui écope. On le sait, cela se traduit par un fort taux de décrochage ".

C'est en ces termes que Diane De Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et présidente du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO), a présenté la proposition sur le décrochage des jeunes qu'elle entend soumettre, au nom de ses collègues commissaires du MÉMO, lors de la première rencontre du Conseil, ce mercredi 29 août.

Les commissaires du MÉMO sont, en effet, fortement préoccupés par le haut taux de décrochage scolaire qui n'a pas baissé depuis plusieurs années. " Les risques de décrochage, pour les élèves de Montréal, sont toujours beaucoup plus élevés qu'ailleurs au Québec ", a rappelé madame De Courcy.

Aussi, la proposition, disponible sur le site du MÉMO en faisant le www.memo.qc.ca, vise-t-elle à mettre en place, dans chaque regroupement, un service pour les élèves qui décrochent. Ce service devra notamment garder le contact pendant trois ans avec chaque élève qui aura décroché, informer l'élève des services que la CSDM ou d'autres institutions peuvent lui offrir pour compléter ses études. Bref, manifester à l'élève que la CSDM reste disponible pour l'accompagner dans son développement, même s'il n'est plus inscrit aux études.

" Nos écoles sont responsables de tous les jeunes, incluant ceux qui ont décroché. Nous devons garder un lien, leur dire qu'ils seront accueillis et conseillés s'ils reviennent vers nous ", commente Diane De Courcy.

La proposition entend également établir des collaborations avec les autres organismes qui ont un mandat d'intervention auprès des jeunes, notamment les CJE (Carrefour Jeunesse Emploi), et qui rejoignent souvent les mêmes personnes. Enfin, pour faire connaître ces nouveaux services, pour renseigner et accompagner les élèves qui ont décroché, la proposition encourage, entre autres, l'utilisation du site Internet de la Commission scolaire.

" Lorsqu'un élève décroche, l'école rompt pratiquement tous ses liens avec lui. Il faut parfois attendre plusieurs années avant que cette personne ne revienne à l'éducation des adultes, si elle revient, explique la présidente. Nous croyons que le fait de préserver un lien pourrait favoriser un retour plus rapide et possiblement éviter une rupture complète ".

De plus en plus de voix, d'ici ou provenant des pays membres de l'OCDE (Organisme de coopération et de développement économiques), proposent de revoir l'organisation de l'école secondaire. Plus près de nous, le Forum Jeunesse de l'île de Montréal, lors de son événement annuel, a réitéré à quel point les jeunes trouvent l'école dépersonnalisée et démotivante. L'Association étudiante du secondaire de la CSDM mettait en évidence, quant à elle, certaines pratiques administratives qui constituent des freins à la réussite.


" La proposition ne prétend pas régler d'un seul coup la problématique du décrochage scolaire. La mutation de l'école secondaire ne pourra se faire rapidement. En attendant, il faut mettre en place des mesures de soutien, rejoindre les jeunes là où ils sont et ne pas laisser les élèves qui décrochent à eux-mêmes ", conclut la présidente.

Parallèlement à ces mesures, le MÉMO propose que la Commission scolaire procède à un recensement des pratiques administratives qui pourraient être nuisibles à la réussite des élèves et en fasse rapport au Conseil. On pense ici au retrait des manuels scolaires plusieurs jours avant le début de la session des examens, aux mesures de suspension des élèves, à la politique de remplacement du personnel enseignant, entre autres.

Enfin, le MÉMO, qui avait été un des premiers à dénoncer les taux élevés de décrochage scolaire en 1993, alors que le sujet était encore tabou, propose de reprendre l'étude longitudinale sur le décrochage et de la mettre à jour, tout en s'attardant sur le nombre d'unités obtenues par les élèves relativement au nombre requis pour l'obtention d'un diplôme.

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  DES ÉCHOS DE CE COMMUNIQUÉ:


  Un projet d'aide aux décrocheurs

Isabelle Bérubé
Journal MÉTRO
Mrecredi 29 août 2001, page 13

 

DÉCROCHAGE Si les commissaires l'appuient, la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane de Courcy, aimerait bien "raccrocher" les décrocheurs. Le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO) propose de garder le contact pendant trois ans avec chaque élève qui aura décroché. "La première année en est une de tension ou de plaisir", note Diane de Courcy.

Les jeunes qui quittent les bancs de l'école arrivent parfois à décrocher un petit boulot qui les rend fébriles, mais la dure réalité les rattrape un peu plus tard. "À la seconde, les questions économiques commencent à surgir et les décrocheurs commencent à avoir besoin d'aide ", indique-t-elle.

Ce nouveau service se différencierait de ceux déjà offerts en allant au-devant des jeunes plutôt que d'attendre que les jeunes en difficulté sollicitent de l'aide. Ainsi, des intervenants seraient embauchés pour relancer ces décrocheurs, les rappeler, les questionner, leur offrir de l'aide.

Diane de Courcy entend même demander au directeur de recenser "les pratiques administratives qui peuvent avoir un impact négatif sur le décrochage", a-t-elle déclaré. La proposition d'offre de services aux décrocheurs sera saisie par le Conseil des commissaires aujourd'hui. Isabelle Bérubé


 CSDM
L'accent sur la lutte au décrochage


LE DEVOIR
Mercredi 29 août 2001, page A4

La présidente de la CSDM, Diane de Courcy, fait de la lutte au décrochage son cheval de bataille pour la prochaine année scolaire.

Dans un document qui sera présentée ce soir au Conseil des commissaires, le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO) proposera, en outre, de faire un recensement "des pratiques administratives et de gestion susceptibles d'avoir un impact négatif sur la performance des élèves". C'est le cas, par exemple, lorsqu'un élève est suspendu de l'école pour une raison ou pour une autre.

"Cela a un impact sur sa motivation et son sentiment d'appartenance à l'école", croit la présidente. Cette analyse pourrait servir à identifier des mesures d'intervention plus appropriées. Mais encore, les commissaires du MEMO proposent de mettre en place, dans chaque regroupement, un service pour les élèves qui décrochent, pour les inciter à revenir dans les salles de classes.

 


 

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