COMMUNIQUÉ

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" Opération partage des espaces publics "

La présidente de la Commission scolaire de Montréal veut réunir les partenaires montréalais pour utiliser plus efficacement les immeubles publics

 

Montréal, 21 août 2000. — Dans le cadre d’une tournée des unités préfabriquées installées pour la rentrée scolaire, Diane de Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal, a lancé l’idée d’une " Opération partage des espaces publics ", un cadre souple pour trouver des solutions durables au manque de places.

" Les parents et le personnel que j’ai rencontrés acceptent une solution temporaire. Les enfants seront confortablement logés pour cette année. Mais on comprend qu’il s’agit d’une solution de dépannage. Nous sommes à la recherche d’une solution permanente au manque de places-élèves ", rappelle madame De Courcy.

Également préoccupée par le manque de places pour les enfants de 4 ans, la présidente de la Commission scolaire propose de mettre en commun la problématique des espaces déficitaires. " Les réformes des services de garde et de l’école s’inscrivent dans un continuum. À Montréal, le coût des espaces privés retarde ou empêche le développement de nouvelles places pour les petits. Nous avons intérêt à rechercher des solutions communes et à optimiser l’espace public ", observe-t-elle.

En accord avec l’analyse présentée récemment par Jean-Pierre Proulx, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, la présidente pense que le recours systématique aux tribunaux n’est pas une avenue intéressante de règlement. " L’utilisation accrue de ce moyen nous indique un mal-fonctionnement de nos organisations. Le mécanisme d'arbitrage proposé par M. Proulx est intéressant. Cependant, il faut que ce lieu de règlement ultime soit précédé de lieux de concertation, actuellement inexistants "

L’Opération partage des espaces publics, qui veut créer cet espace de concertation, se compose d’un volet interne et d’un volet externe, tous deux orientés vers l’échange d’informations et la solution de problèmes.

Ouvert à l’ensemble des présidents des Conseils d’établissement, au Comité central de parents et aux commissaires, le volet interne est à géométrie variable, sur le modèle d’une cellule de crise. Il s'agit, en fait, de renforcer le rôle et la place du Comité de suivi des négociations, déjà formé par une résolution du Conseil des commissaires, mais fort peu mis à contribution jusqu'à maintenant.

Le volet externe regrouperait les institutions dépositaires ou en demande d’espaces et d’immeubles à vocation publique. " Actuellement, nous connaissons peu les projets et les problématiques de nos partenaires, que ce soit les autres commissions scolaires, les centres de la petite enfance, les villes, ou encore les fabriques des paroisses, ou d’autres organisations au service des citoyens. Il y a une synergie à réaliser, tant dans les objectifs des projets que dans les moyens, notamment par l’utilisation optimale des espaces publics dont nous ne sommes que les dépositaires ". La collaboration pourrait être conçue sur le modèle de l'entente conclue avec la Ville de Montréal, mettant en place un comité directeur conjoint.

Dans la proposition qu’elle soumettra au Conseil des commissaires à la rentrée, madame De Courcy invite les présidents des autres commissions scolaires, le maire de la ville de Montréal, monsieur Bourque, et la ministre de la Métropole, madame Harel, à former le noyau de départ, d’un regroupement qui s’agrandira selon les besoins. Elle s’est montrée confiante que les partenaires montréalais répondront favorablement à cette initiative. Du côté des parents, la mise en place du Comité de suivi des négociations avait été bien accueillie et la présidente croit que son renforcement sera le bienvenu.

Reste à savoir si le projet recevra l’aval de la majorité des commissaires au Conseil. " La proposition n’a pas pour effet de renverser la Coalition et lorsqu’il y va de l’intérêt supérieur des élèves et des citoyens, je crois mes collègues capables de réagir sans partisanerie " estime la présidente. Sa conviction s’appuie sur le constat que la Commission, après un an de négociation, est engagée dans un cul-de-sac. " Le bureau du ministre de l’Éducation, François Legault, vient de transmettre au négociateur pour le dossier des immeubles, monsieur Robert Cadotte, une fin de non-recevoir quant au caractère urgent ou particulier de notre problématique : " Il n’est pas de notre intention de les traiter [les dossiers soumis] en parallèle aux opérations courantes ", écrit le cabinet. 

" Je ne me souviens pas que le MEQ ait déjà répondu aux demandes de la Commission scolaire de Montréal en nous demandant de " prendre un numéro ", souligne la présidente. La politique de confrontation menée par monsieur Cadotte n’a pas été un succès. Au contraire, nous avons reculé sur deux fronts. En juin 1999, nous avions une entente avec le MEQ qui reconnaissait le caractère particulier de Montréal et acceptait le principe de constructions nouvelles. Un an plus tard, en juillet 2000, nous avons perdu cette reconnaissance spécifique et les engagements à construire ont été retirés.

" Le Conseil ne peut se contenter d’un arrêt d’agir. La proposition que je dépose ouvre une perspective, fait une place aux établissements et crée un lieu de concertation des partenaires montréalais ", de conclure madame De Courcy.

Rappelons que le dossier des immeubles a été à l’origine de la défection de Robert Cadotte, huit mois après l’élection scolaire. Celui-ci alléguait alors l’urgence de la situation et l’incompétence de la présidence pour faire éclater la majorité du MÉMO et ramener la coalition Pallascio au pouvoir. À la rentrée de 1999, l’installation de trois unités préfabriquées était invoquée pour destituer l’exécutif en place. Monsieur Cadotte parlait alors de scandale et se faisait nommer négociateur en chef sur le dossier.

La problématique du manque de places a beaucoup évolué depuis deux ans. Aux problèmes initiaux de surpopulation et d’équité s’est ajouté un volet de sur-utilisation des espaces. L’introduction des services de garde à 5$ et la diminution prochaine des ratios d’élèves au primaire entraînent une mutation des besoins telle que le seul transfert des écoles anglophones ne peut répondre aux besoins. Cette année, la Coalition a dû procéder, en l’absence de solutions permanentes, à la mise en place de 28 unités préfabriquées. Aucun communiqué n’a été émis pour parler de scandale.

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