Communiqué

Pour diffusion immédiate 

 

" De l'espace pour les parents et les élèves

de toutes religions "

 

Montréal, 31 mars 1999. — C'est en ces termes que la présidente de la Commission scolaire de Montréal a accueilli le dépôt du rapport Proulx, ce matin. C'est en effet avec une très grande satisfaction que Diane De Courcy reçoit les recommandations du groupe de travail sur la place de la religion à l'école.

Ce rapport est un cadre de réflexion précieux qui rejoint, par ses préoccupations, ses principes et le rythme qu'il recommande, l'option proposée par le MÉMO depuis plus de dix ans.

Le rapport distingue d'abord entre les structures juridiques et l'enseignement religieux, ce qui nous apparaît fort pertinent pour éclairer le débat. Poussant plus loin la réflexion, le rapport fait une nette distinction entre la transmission des connaissances religieuses et la transmission de la foi proprement dite. De plus, le rapport propose d'accorder le temps nécessaire à la mise en place de tels changements. Voilà qui fait preuve de la prudence et de la tolérance requises pour un débat serein.

Nous souhaitons maintenant étendre le débat à tous les conseils d'établissement de notre commission scolaire en leur proposant le rapport Proulx comme cadre de réflexion et en soumettant également les réflexions de notre Comité aviseur.

Dès le 21 avril, nous allons soumettre au Conseil des commissaires un cadre de réflexion pour toutes les instances de la Commission scolaire. Il faut se rappeler que cette réflexion s'est déjà amorcée, en septembre, par la mise en place d'un Comité aviseur, composé de représentants de l'archevêché, de la Table des Églises protestantes et de la Commission scolaire, et chargé de réfléchir sur le statut, la vocation et le financement de l'animation pastorale à la Commission scolaire.

Par ailleurs, nous accueillons les recommandations du rapport Proulx sur l'animation religieuse et spirituelle commune, qui serait financée à même les fonds publics, avec beaucoup de réserve. Il y a un flou certain autour de cette recommandation et le débat que nous souhaitons engager devrait nous permettre d'y voir plus clair.

Actuellement, pour la Commission scolaire de Montréal, le financement de l'animation pastorale par le gouvernement du Québec ne repose pas sur un rationnel convaincant. Ainsi, environ 7 $ par élève est accordé pour l'animation catholique alors que le montant accordé per capita à l'animation protestante est de 20 $. Des questions se posent donc à savoir sur quelle base et suivant quel rationnel les fonds seraient accordés, quel en serait le montant, etc ? Dans la vie de tous les jours, se pose également la question de savoir quel serait le mandat de cet animateur, travaillerait-il en fonction du cours d'enseignement religieux culturel obligatoire pour tous ou prendrait-il ses mandats des différentes communautés offrant de l'enseignement religieux confessionnel en dehors des heures de classe ?

Les travaux du Comité aviseur nous indiquent que le rôle des animateurs de pastorale, au secondaire, pourrait se transformer assez facilement en un rôle d'animateur communautaire et spirituel, fondé sur le partage de valeurs communes, ce qu'ils font largement déjà, malgré leur appellation actuelle. On le voit, cette question exige que la réflexion soit poussée davantage et les différents milieux sont certainement les mieux placés pour alimenter notre réflexion.

À la Commission scolaire de Montréal, 70 % des jeunes du primaire sont actuellement inscrits à l'enseignement religieux catholique, inscription obligatoire pour les parents qui veulent que leurs enfants accèdent aux sacrements dispensés dans les paroisses. Au secondaire, cette proportion tombe à 35 %.

Le Conseil des commissaires lui-même est le reflet exact des statistiques présentées dans le rapport Proulx, indiquant que 70 % des parents sont d'accord avec un statut laïc de l'école, alors que 30 % tiennent à un statut confessionnel. La présence de six commissaires du Regroupement scolaire confessionnel, sur 21 commissaires élus, traduit bien cette réalité.

Nous entendons bien utiliser le rapport Proulx pour ce qu'il est réellement, un guide pour un débat fondamental qui doit se faire dans le calme et la sérénité, exempt de toute propagande.

Le calendrier du gouvernement n'est pas encore connu, mais le nôtre prendra en compte le temps requis pour permettre aux parents de s'exprimer sur cette question. Bien sûr, ils ne seront pas les seuls à devoir le faire, les citoyens et les équipes-écoles sont aussi interpellés par ce débat. C'est pourquoi les conseils d'établissement qui regroupent toutes ces composantes nous apparaissent un des lieux privilégiés pour faire ce débat.

Ce débat nous permettra aussi de mieux mesurer les impacts de chacune des recommandations, à la lumière de la réalité des milieux, ce qui nous conduira à une position que nous défendrons à la Commission parlementaire qui devrait se tenir, à la suite du dépôt du rapport Proulx.

"Ce rapport nous donne un guide de réflexion très pertinent. Nous entendons maintenant proposer aux parents, aux élèves, à nos personnels et à la communauté dans son ensemble, des outils et le temps nécessaire pour mener à bien ce débat majeur pour la société montréalaise ", de conclure la présidente.

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