Se joignant à la « Mobilisation Turcot » - Les élus scolaires demandent au MTQ de revoir ses plans en faveur de la sécurité et de la santé des famillesMontréal, le mercredi 5 novembre 2008. — Benoit Dorais et Daniel Bélanger sont très inquiets. Les élus scolaires de Saint-Henri–Petite-Bourgogne–Pointe-Saint-Charles et de Ville-Émard–Côte-Saint-Paul à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) demandent au ministère des Transports du Québec (MTQ) de prendre en considération des facteurs humains non négligeables pour la qualité de vie de nombreuses familles qui auront à subir les travaux de réaménagement et de reconstruction de l’échangeur Turcot. « Le projet actuel, tel qu’il a été récemment présenté par le MTQ, doit être revu, soutient monsieur Bélanger. Il en va d’une vie de quartier en santé et de la réussite de nos élèves. » Plusieurs écoles de la CSDM sont en effet à proximité, voire, dans le cas de l’école Marie-de-l’Incarnation et de l’Annexe Charlevoix, sont voisines, tant de la structure actuelle que de celle projetée. « Il faut que le projet de réfection soit sécuritaire et qu’il respecte les écoles du quartier », croit-il. « Il faut aussi que le projet Turcot s’inscrive dans une vision globale et coordonnée des infrastructures et de l’offre de transport dans la région du Sud-Ouest », commente de son côté monsieur Dorais, qui considère important que les objectifs du Plan de transport de Montréal soient respectés, « notamment par l’amélioration de la desserte en transport en commun ». Les deux élus du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO) à la CSDM ont joint les rangs de « Mobilisation Turcot », qui demande au MTQ de revoir son projet pour y intégrer la réduction de la pollution locale et l’amélioration de la santé publique ; une augmentation de l’offre de transport collectif ; le désenclavement des quartiers touchés ; le maintien de l’offre de logements et un soutien économique particulier aux quartiers touchés par les travaux durant la période de construction. « Il faut que le projet respecte absolument la santé publique », réitère Benoit Dorais, qui entrevoit, pour les jeunes et les familles, d’importants problèmes de santé. « La pollution de l’air entraînera nécessairement des problèmes respiratoires et des dangers pour les fœtus, pour ne prendre que ces deux exemples. » En ce qui concerne le transport collectif, le développement durable et le désenclavement des quartiers, les deux commissaires scolaires du secteur notent qu’il faut remédier à la situation actuelle qui occasionne de nombreux problèmes d’isolement. Ils optent pour un tissu social amélioré et profitable à la vie de quartier. Quant aux trois mois de loyer que le MTQ offre aux familles quand elles seront expropriées, monsieur Dorais veut un dédommagement pour expropriation dès le début des travaux. « Les expropriations vont se faire par étape. Il est inadmissible que les personnes qui ne seront pas touchées au début des travaux endurent tout cela pendant 2, 3, voire 4 ans sans compensation. Pensez-vous vraiment que les familles ne se décourageront pas avant et qu’elles ne quitteront pas sans demander leur reste en vivant dans un environnement aussi infernal pendant tant de temps ? » Pour les deux commissaires scolaires, il en va de l’avenir de nos écoles de quartier. Ils demandent donc aussi au MTQ de voir au maintien de l’offre locative, car il y a un grave problème de logements abordables pour les familles de nos écoles. « Il y aura beaucoup de logements détruits et nos familles ont besoin de logement abordables décents, permettant la réussite éducative. Elles ne doivent pas avoir à faire des sacrifices du côté de la nourriture, car l’on sait fort bien que ventre creux n’a pas d’oreille », concluent-ils, confiants. |