Daniel Bélanger et Gérald Morel s’opposent à la réforme des centres de la petite enfanceMontréal, le 23 novembre 2005. — « Les centres de la petite enfance (CPE) du Sud-Ouest de Montréal sont plus qu’un lieu sécuritaire pour les enfants pendant que les parents travaillent : ils ont leur programme éducatif, ils préparent les enfants pour l’école, ils ont une fonction d’éducation. Il est ridicule de vouloir diminuer de moitié le soutien pédagogique accordé aux éducatrices de 88 000 enfants du Québec pour économiser 50 millions, alors que les représentant-e-s des CPE ont offert à maintes reprises de réaliser les mêmes économies autrement, sans toucher à l’essentiel » Comme plusieurs, les commissaires scolaires Daniel Bélanger et Gérald Morel s’opposent au projet de loi 124 qui modifiera les services de garde et qui est présentement discuté en commission parlementaire. Son adoption est prévue en décembre. « Ce projet viendrait amputer les CPE de la responsabilité des services de garde en milieu familial et la gestion serait confiée à 130 « bureaux coordonnateurs », soutiennent les élus du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO) du quartier. « Ces bureaux devront coordonner et conseiller les milieux familiaux avec 50 millions $ de moins que les CPE actuels, soit une compression de 50% de ce budget », de commenter Daniel Bélanger, commissaire du quartier Ville-Émard – Côte-Saint-Paul et membre du comité exécutif de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). « On s’en doute bien, ajoute son collègue Gérald Morel, de Saint-Henri – Petite-Bourgogne – Pointe Saint-Charles - : il y a fort à parier que la supervision se limitera à assurer des repas équilibrés et un environnement sécuritaire, alors que le soutien pédagogique sera ramené à presque rien. » De plus, de faire remarquer nos deux commissaires scolaires, ces « bureaux coordonnateurs » ne sont pas identifiés. « La ministre pourra elle-même les choisir parmi des centres de santé et de services sociaux (CSSS), de gros CPE, des entreprises privées, ou autres. Par contre, la Ville de Montréal tout comme la commission scolaire ne pourront pas assumer ces fonctions », déplorent-ils. La privatisation est donc possible, appréhendent les commissaires scolaires. « C’est d’ailleurs là l’expérience dans d’autres pays comme l’Australie, pays où l’entreprise ABC Learning gère 620 garderies, avec 290 millions $ de fonds publics desquels elle dégage 52 millions de profits pour ses actionnaires ! » Les rapports entre un éventuel « bureau coordonnateur » et le service de garde en milieu familial posent aussi problème, poursuit Daniel Bélanger. « Aujourd’hui, la responsable du service de garde en milieu familial, après ses longues journées de travail, peut passer à son CPE du quartier pour, à titre d’exemples, faire des photocopies, consulter, recevoir des suggestions d’activités éducatives et autres. L’adjointe pédagogique du CPE peut aussi « faire la tournée » de ses milieux familiaux du même quartier pour donner un coup de pouce. Ce seront dorénavant des gens d’un éventuel « bureau coordonnateur », éloigné et privé de la moitié des ressources, qui devront offrir ce soutien bien concret. » — 30 — |