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Coûts des effets scolaires : les commissaires Duranleau, Harel-Bourdon et Champagne passent à l’action

Montréal, le mercredi 3 août 2007. — « Il faut encourager une consommation responsable, la réutilisation, la solidarité et faire confiance aux parents. Un beau projet éducatif ! » C’est en ces termes que les commissaires scolaires Daniel Duranleau, Catherine Harel-Bourdon et Claude Clampagne ont salué l’adoption en juin dernier par le Conseil des commissaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) d’une Politique d’encadrement des frais demandés aux parents au terme d’une vaste consultation des parents, du personnel et d’organismes agissant avec les familles.

« La rentrée scolaire entraîne des coûts importants pour les parents et bon nombre d’entre eux voient arriver le début des classes avec inquiétude. Fort consciente de cette situation, l’équipe des élus du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO) a décidé d’agir », explique monsieur Duranleau, commissaire du quartier scolaire Hochelaga-Maisonneuve et président du Comité du Conseil des commissaires pour la famille et l’école qui a mené les travaux.

Cette politique a plusieurs volets, dont un sur le coût des effets scolaires. « Nous avons un objectif clair avec cette politique : réduire concrètement les coûts des effets demandés », commente madame Harel-Bourdon, commissaire du quartier scolaire Tétreaultville. La politique s’articule donc autour de quatre axes : modération, réutilisation, bons achats et soutien aux familles nombreuses ou en difficulté.

Modération
« Notre politique édicte d’abord clairement que dans la confection de la liste des effets scolaires qui seront demandés aux élèves, il faut faire preuve de modération, décrit monsieur Champagne, le commissaire du quartier scolaire Mercier. Le matériel demandé sera le matériel requis, nécessaire sans plus, et on visera son utilisation optimale. L’objectif est que l’élève ait les effets dont il aura besoin pour son usage personnel au cours de l’année. Pas que l’on constitue des réserves ou que l’on équipe la classe de matériel que des budgets de l’école doivent assumer. Interdiction donc de demander des frais pour l’achat de manuels scolaires, grammaires, dictionnaires ou de balles de tennis. »

Daniel Duranleau précise que les membres des conseils d’établissements des écoles qui doivent approuver ces listes ont été grandement sensibilisés à ce point. « Et je sais que de plus en plus de membres sont soucieux de prendre en compte les différentes situations budgétaires des familles de l’école quand vient le temps de prendre ces décisions. Notre politique privilégie également le recours, quand cela est possible, à l’utilisation du matériel reproductible en tout respect des droits d’auteurs tout en encourageant également l’utilisation des technologies de l’information. L’objectif reste donc le même : viser une réduction du coût des effets sans sacrifier la qualité de l’enseignement transmis. »

Réutilisation du matériel
La nouvelle politique sur le coût des effets scolaires à la CSDM comporte par ailleurs un objectif très clair favorisant la réutilisation du matériel scolaire encore en bon état. « Cela est d’ailleurs clairement en cohérence avec le Plan vert de la CSDM de protection de l’environnement », tient à préciser Catherine Harel-Bourdon.

Selon les élus scolaires du MÉMO de notre secteur, il est de la responsabilité de l’école et de la Commission scolaire de transmettre et soutenir un message positif face à la récupération. « C’est normal, correct et décent de réutiliser son cartable bleu encore en bon état plutôt que de le jeter et d’en acheter un nouveau. C’est le gaspillage qui est honteux. Pas la réutilisation. »

« Dans la même veine, nous encourageons vivement, quand cela est approprié, la réutilisation de la boîte à lunch ou du sac à dos de l’année dernière. Beaucoup de parents nous ont dit qu’il était difficile de « résister » aux pressions de leurs jeunes pour acheter du neuf. Nous en sommes conscients. Et minimalement, comme école, notre rôle est justement d’éviter de ne valoriser que le matériel neuf et clinquant et de transmettre ce message positif et favorable à la réutilisation du matériel. »

« Dans ce grand message vers la réutilisation du matériel, il faudra également que les efforts de tous, parents, organismes, voisins, aillent dans le même sens. Il faut que l’on s’appuie mutuellement dans ce renforcement positif. »

Les parents ont le choix des marques
« Il faut aussi mentionner que lors de notre vaste consultation, les parents nous ont clairement indiqué que, lorsque les listes scolaires exigeaient des marques précises, cela était abusif. En même temps, beaucoup nous ont dit que des produits à très bas prix sont parfois d’une qualité fort réduite. Personne n’est gagnant si tous les feutres de la boîte sont secs après une semaine ou si un seul aiguisage d’un crayon à mine en avale les trois quarts. »

« Notre politique a choisi un bon équilibre : elle interdit l’obligation d’exiger une marque précise mais, en s’appuyant sur le savoir des enseignants, elle permet à ceux-ci, à titre indicatif, de suggérer des articles qui sont, selon leur expérience concrète, de bons achats. » Avec ces informations en mains, les parents font ensuite leurs choix de prendre telle ou telle marque. Cette décision leur revient tout comme celle de pouvoir acheter ces effets là où ils le souhaitent.

« Ce pouvoir redonné aux parents est un des grands acquis de cette politique, soutient Daniel Duranleau. Et il est plus que symbolique. Il dit aux parents : c’est vous qui êtes les mieux placés pour connaître votre budget, prendre vos décisions, faire des choix ; pas nous. »

Soutien aux familles nombreuses ou en difficulté
« Le quatrième point de notre politique relative aux effets scolaires a trait à la mise en place de mesures de soutien aux familles qui en auraient besoin. Notre politique traduit un message de solidarité entre les familles et les élèves. On vivra ensemble, on apprendra ensemble au cours des dix prochains mois, comment peut-on faire pour s’aider à ce que tous les élèves aient le matériel requis ? »

Concrètement cet objectif peut prendre différentes formes. Ainsi dans une école d’Hochelaga-Maisonneuve, suite à une résolution du conseil d’établissement de l’école adoptée en juin dernier, « il a été décidé que pour les parents ayant 3 enfants ou plus à notre école, l’école défrayera le coût des cahiers d’activités du 3e enfant et des suivants. » Dans d’autres écoles, ce sera la création d’une sorte de fonds de solidarité pour soutenir financièrement certaines familles.

« Est-ce que cette politique donnera tous les résultats positifs attendus ? Nous, de l’équipe des commissaires scolaires du MÉMO, sommes confiants. Mais nous savons aussi que nous n’y arriverons que si, dans chaque établissement scolaire de la CSDM, parents et équipe-école partagent ces grands objectifs et ont ce souci de viser les coûts les plus bas. Cette politique vise d’ailleurs à harmoniser les différentes pratiques qui avaient cours parmi nos établissements. »

Notons en terminant que la nouvelle Politique d’encadrement des frais demandés aux parents comporte également des actions et des orientations similaires quant au coût des activités parascolaires, sorties, services de garde, et autres.

« Bien sûr, de conclure Daniel Duranleau, Catherine Harel-Bourdon et Claude Champagne, cette politique ne pourra pas, à elle seule, faire obstacle au formidable assaut de notre société de consommation qui cible directement nos jeunes. Comme institution d’enseignement qui accueillera sous peu plus de 70 000 jeunes du primaire et du secondaire, des jeunes provenant de familles avec des moyens variés, la CSDM se devait d’envoyer un message clair et cohérent. »

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