Mouvement pour une École Moderne et Ouverte - MÉMO / On aime l'école...

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Volume 2 – Numéro 12 - Le mardi 2 février 2010

Bonjour à tous,

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous écris ces quelques lignes, car elles seront mes dernières à titre de commissaire de la circonscription scolaire des Faubourgs à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

J’ai en effet avisé mes collègues, à la séance du Conseil des commissaires de mercredi dernier, ainsi que les administrateurs de la commission scolaire que, mes engagements professionnels étant devenus trop absorbants, il était devenu difficile de concilier le tout avec mon travail de commissaire scolaire, comme je l’explique dans la communication que j’ai livrée et que je reprends un peu plus loin.

Nous avons tenté au cours des derniers mois de pallier mes absences répétées à l’extérieur du pays avec l’apport de mes collègues commissaires, dont celle de notre présidente, madame Diane De Courcy, qui est devenue « marraine » de notre circonscription scolaire. La présence « physique » et le suivi des dossiers étaient par ailleurs assumés fort élégamment par monsieur Daniel Duranleau et madame Louise Mainville. Je remercie toutes ces personnes du fond du cœur. Elles poursuivront d’ailleurs leur apport jusqu’à ce que le Conseil des commissaires déclenche une élection scolaire partielle pour me trouver une ou un successeur d’ici la fin du mois de mai 2010. Cependant, c’est plus précisément madame Mainville (514 596-6000, poste 4212) qui va reprendre mes dossiers et assurera le suivi des demandes provenant des établissements.

Il me faut dire toute la fierté que j’ai eue à vous représenter au Conseil des commissaires au cours des onze dernières années. Et c’est avec un certain pincement au cœur que je laisse derrière moi des rencontres extraordinaires, des apports indispensables et des réussites de toutes sortes au sein de nos établissements. La circonscription scolaire des Faubourgs vit actuellement un foisonnement d’initiatives qui me réjouissent et qui laissent présager un avenir plein de promesses, que je devrai malheureusement suivre de loin.

Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui ont croisé ma route au fil de ces années où j’ai tenté de remplir mes fonctions de mon mieux, au profit de l’ensemble des élèves et employés de la CSDM. C’est avec beaucoup de chaleur que je vous salue toutes et tous, personnellement. Nous aurons très certainement l’occasion de nous recroiser à nouveau, car je compte bien continuer à soutenir, bien que sous une autre forme, l’ensemble de mes collègues et amis du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO).

À bientôt !

Paul Trottier

Voici une partie de la communication que j’ai livrée aux administrateurs et aux membres du Conseil des commissaires de la CSDM à la séance ordinaire du 27 janvier dernier, communication qui trace en quelque sorte le chemin parcouru depuis un certain soir de 1998.

Montréal, le 27 janvier 2010

Madame la présidente,

En juin 2008, avant d’accepter mon emploi actuel au ministère de l’Immigration du Québec, parce que je savais que celui-ci m’obligerait à voyager à l’étranger plusieurs mois par année, j’ai souhaité obtenir de vous-même ainsi que de tous mes collègues commissaires l’assurance que cette occupation ne nuirait pas à la Commission scolaire de Montréal, sachant évidemment qu’il faut bien gagner sa vie et que la fonction de commissaire n’est un emploi à temps plein que pour très peu de personnes. Nous avions donc tous convenu qu’il n’y avait pas d’incompatibilité entre les deux fonctions, qu’au contraire la CSDM pourrait sûrement tirer profit d’une meilleure connaissance des pays d’où proviennent bon nombre des élèves qui fréquentent nos écoles, que la Loi sur l’instruction publique serait parfaitement respectée et que de surcroît des moyens techniques simples existent aujourd’hui pour permettre une présence à distance aux séances du Conseil des commissaires lorsque je serais en mission.

Nous avions également convenu qu’une évaluation de cette pratique serait faite un an plus tard, ce que nous avons fait en août dernier, peu avant la rentrée scolaire de 2009. C’est à ce moment que, en tout respect pour l’institution que nous représentons, et bien que la pratique des séances à distance ait pu sans problème se prolonger jusqu’à la fin du mandat puisqu’elle est en tous points conforme à nos règles internes et aux directives gouvernementales, la décision a tout de même été prise de ne pas terminer ce présent mandat pour permettre l’élection d’un ou d’une commissaire ayant une plus grande présence que la mienne dans le quartier des Faubourgs, compte tenu des circonstances. Ce qui nous amène à cette annonce aujourd’hui.

Onze années et demie se sont écoulées depuis ma première élection en juin 1998. C’était le début d’une ère nouvelle, c’était la mise en place des commissions scolaires linguistiques pour lesquelles le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO) s’était ardemment battu. C’est ce même mouvement, le MÉMO, qui avait choisi à l’époque de faire confiance à un candidat ouvertement homosexuel pour le représenter dans une des circonscriptions scolaires. C’était un risque politique évident et je lui suis extrêmement reconnaissant de l’avoir pris. Reconnaissant également envers la population du Centre-Sud qui m’a renouvelé sa confiance à deux reprises, en 2003 et en 2007. Je lui suis d’autant plus reconnaissant, à cette population du Centre-Sud, que c’est une population éclairée et qui sait ce qu’elle veut, malgré les apparences. On se rappellera d’ailleurs que c’est elle qui a jeté les bases de ce qui allait devenir plus tard le premier comité de quartier scolaire de la CSDM. En effet, c’est à la suite de la mobilisation spontanée des gens du quartier contre le projet de la Ville de Montréal, en 1998, de déjudiciariser la prostitution de rue dans le seul secteur du Centre-Sud qu’un comité de citoyens a été formé et s’est peu à peu transformé pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Pour moi, c’est une belle illustration de ce que des gens peuvent faire ensemble.

Et, ensemble, avec mes collègues commissaires, il y en a eu des projets et des dossiers auxquels nous nous sommes intéressés au fil de ces quelque douze années. Je ne les énumérerai pas, ce serait trop long, mais qu’il suffise seulement de dire qu’aucune de ces idées, aucun de ces projets ne pourrait faire son chemin sans la bienveillance soutenue et l’appui de notre administration. De bonne grâce, tous les services de la commission scolaire, à tous les paliers, au centre administratif, dans les réseaux ou dans les quartiers, ont toujours apporté leur soutien et surtout leur éclairage aux projets les plus fous, aux concepts les plus « novateurs », les miens et ceux de notre formation politique. Leur loyauté à l’égard de notre institution est impressionnante. Je les en remercie chaleureusement.

Un mot sur notre équipe de commissaires. On trouve beaucoup de gens réfractaires à l’idée de partis politiques au niveau scolaire. « II ne faut pas faire de politique aux dépens des enfants », disent-ils. C’est pourtant cette notion d’équipe qui est au centre de mon implication, depuis le début. Je n’aurais jamais eu l’idée de me présenter à des élections scolaires s’il n’y avait pas eu, d’abord, un parti qui s’appelle le MÉMO et qui parlait des projets qu’il voulait réaliser. Un parti, c’est tout simplement un regroupement de gens qui partagent un certains nombre d’idées et qui ont envie de mettre leurs efforts en commun pour les amener à maturité. C’est tout. Dans un parti politique, même à l’échelle scolaire, il n’y a pas de « crois ou meurt », il n’y a pas de chapelle, tout le monde n’a pas les mêmes idées sur tout, tant s’en faut. Il suffit de suivre nos discussions pour s’en rendre compte. Et moi j’ai toujours pensé que j’avais un peu plus de chance de faire avancer mes idées au sein d’une équipe que tout seul dans mon coin. A fortiori dans une équipe progressiste comme le MÉMO. C’est pourquoi j’y suis toujours resté fidèle, même dans les tempêtes.

Avec mes collègues commissaires et vous, notre chère présidente, nous avons toujours été portés par un idéal, l’idéal de faire de l’école publique une école de qualité, inclusive, performante, tolérante. Je crois vraiment que chacune des décisions que nous avons prises depuis 1998 a été motivée par cet idéal. Aucun des votes auxquels j’ai pris part n’a été guidé, en fin de compte, par autre chose que le désir d’offrir le meilleur aux enfants de Montréal. Ça me rend extrêmement fier et c’est la raison pour laquelle je considère le MÉMO comme ma maison. Aussi, tout comme un certain Tanguy, je ne vais pas la quitter tout à fait cette maison. En effet, après ma démission qui prend effet ce soir, c’est un autre rôle que je serai amené à jouer au sein de notre formation. Cependant, je serai toujours animé par le même désir de contribuer à améliorer l’école. Pourquoi ? Parce qu’on aime l’école !

Merci.

Paul Trottier


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